Un manque de vitamine E exposerait à des complications graves de l’obésité

Les déficits en vitamine E, répandus dans nos pays, augmenteraient le risque de maladie grave du foie chez les personnes obèses et les diabétiques.

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La vitamine E est-elle une nouvelle arme contre les complications hépatiques de l'obésité et du diabète ? C’est ce que pensent des chercheurs de l’Ecole de médecine de l’université Case Western Reserve (Cleveland, Ohio).

L'étude expérimentale, à laquelle ont participé des scientifiques de la Cleveland Clinic Foundation et de l'université Cornell, a montré que chez la souris, la vitamine E peut prévenir une accumulation de graisses dans le foie liée à l'obésité et au surpoids.

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« Les implications de ces travaux pourraient avoir un impact direct sur la vie des quelque 63 millions d'Américains qui courent le risque de développer une maladie du foie liée à l'obésité dans leur vie », dit le Pr Danny Manor, professeur agrégé de nutrition et pharmacologie à Case Western Reserve.

Les résultats ont été présentés le 24 avril à la réunion annuelle de l'American Society for Biochemistry and Molecular Biology à Boston.

C’est par hasard que les chercheurs ont identifié ces effets de la vitamine E. Ils étudiaient les conséquences d’un déficit en cette vitamine sur le système nerveux central quand ils ont réalisé que les souris déficitaires avaient un stade avancé d’hépatite stéatosique non alcoolique (NASH pour nonalcoholic steatohepatitis), une complication de l’obésité caractérisée par l'accumulation de graisses dans le foie, qui s’accompagne de stress oxydatif et d'inflammation. C’est la forme la plus sévère de maladie hépatique non alcoolique et une cause majeure de cirrhose pouvant conduire à une insuffisance hépatique et au cancer du foie.

Des études sur l’homme ont récemment montré que la vitamine E peut améliorer certains symptômes de NASH chez l’homme, ce qui suggère qu’il y a un lien entre le statut en vitamine E et les maladies du foie. Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont étudié des souris auxquelles manquent une protéine qui régule le niveau de vitamine E dans le corps. Ils ont observé que ces souris ont un stress oxydant augmenté, avec dépôts de graisses dans le foie et signes d’atteinte hépatique. Lorsqu’ils ont donné des suppléments de vitamine E aux animaux, la majorité des symptômes de NASH a été prévenue chez ces animaux, confirmant le lien entre un déficit en vitamine E et les troubles hépatiques.

« Ces résultats pourraient avoir un impact significatif sur la santé publique, » dit le Pr Manor. En effet, la grande majorité des adultes aux États-Unis et dans les pays développés, comme le Canada, la France, la Suisse, la Belgique, ne consomment pas les doses optimales de vitamine E. Pour les adultes, l'apport nutritionnel recommandé en vitamine E est de 12 mg par jour en France, mais il est de 15 mg aux Etats-Unis et au Canada. LaNutrition.fr a aussi fixé son apport recommandé à 15 mg par jour.

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Les huiles végétales, les noix, les légumes verts sont une bonne source de vitamine E.

Il n’y a pas actuellement de traitement pour NASH, ce qui en fait l’une des principales causes de greffe du foie. Les personnes obèses et en surpoids, les diabétiques ont un risque élevé de NASH. « Une intervention diététique simple et abordable peut profiter à ces personnes à risque, » dit le Pr Manor.

Source : www.lanutrition.fr - Abonnez-vous à leur excellente newsletter !

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