Pour prévenir le cancer, soyez mince et actif

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Le Dr Walter Willett est Professeur d’épidémiologie et nutrition à l’Ecole de santé publique de Harvard et membre du conseil scientifique de LaNutrition.fr.  Il s’est exprimé sur le sujet de la prévention nutritionnelle des cancers les 22 et 23 février 2007 à l’Institut national du cancer des Etats-Unis. Nous reproduisons des extraits de l’entretien qu’il accordé à cette occasion.
 

Qu’avons-nous appris des études qui ont examiné la relation entre alimentation et risque de cancer ?
 
Ce qui est devenu clair ces dix dernières années, c’est que l’impact le plus important – et de loin – de l’alimentation sur le cancer passe par le poids corporel, avec pour origine le surpoids et l’inactivité. Je pense qu’il est important de garder à l’esprit que ce n’est pas seulement le fait d’être mince qui est bénéfique, c’est aussi le fait de rester physiquement actif. Rester mince et actif, voilà la chose la plus importante que l’on puisse faire pour prévenir le cancer – en dehors de ne pas fumer.
Il y a encore de nombreux composants du régime alimentaire qui semblent importants pour la prévention du cancer, comme le fait de manger relativement peu de viande rouge, en particulier des charcuteries. La part des graisses dans le nombre de calories ne semble pas avoir d’importance. On peut peut-être tirer aussi un bénéfice modeste d’un régime riche en fruits et légumes, mais ce n’est pas le « big bang » de la prévention du cancer, comme on le croyait il y a 15 ou 20 ans.
Mais il est important de ne pas adopter un mode de vie ciblé sur la prévention d’une seule maladie, et nous devons être particulièrement attentifs aux maladies cardiovasculaires, qui sont encore la première cause de décès. Cela dit, généralement, beaucoup de ce que nous pouvons faire pour prévenir les maladies cardiovasculaires aura un impact sur le cancer.
 
 
Vous avez dit que les études prospectives d’observation sont peut-être plus appropriées que les études d’intervention pour résoudre les questions qui ont trait à l’alimentation et la prévention des cancers. Pourquoi ?
 
Le paradigme des études d’intervention randomisées vient de la médecine clinique, quand vous avez un patient malade et que vous savez quel est le bon moment pour intervenir – c’est quand ils tombent malades. Pour la prévention, en particulier la prévention par des facteurs liés au style de vie, les questions ne rentrent pas toujours dans le cadre du paradigme des essais randomisés en partie parce que très souvent nous ignorons quand il faut intervenir et en partie parce qu’il existe de nombreuses preuves que, pour beaucoup de ces facteurs, la période à laquelle il faudrait intervenir, c’est l’enfance. Il est impossible d’imaginer qu’on puisse faire des études sur des adolescents et les suivre pendant 40 ans.
En plus, on a souvent à faire à des facteurs qui sont autrement plus compliqués à modifier que le simple fait de prendre une pilule ou un placebo. Changer réellement le comportement humain, c’est difficile. Ce n’est pas impossible, mais avoir deux groupes réellement distincts dans leur mode de vie, c’est un vrai challenge. Ce peut être un problème sérieux dans une étude randomisée, notamment quand l’étude porte sur des denrées que n’importe qui peut se procurer dans le commerce, qu’il s’agisse d’une pilule ou d’un aliment.
 
 
Quels sont les sujets qui intéressent en ce moment les chercheurs dans le domaine de l’alimentation et du cancer ?
 
Il y a de nombreux domaines prometteurs, mais les preuves ne sont pas encore toutes très claires.La vitamine D est sans aucun doute un sujet potentiellement important, car il y a de nombreux signes qu’elle aura des effets importants sur le cancer. Je pense qu’il y a aussi des aliments et des nutriments susceptibles d’avoir des effets bénéfiques modestes, mais quand vous les prenez tous en même temps, les effets peuvent être substantiels.
 
Un autre domaine critique, c’est la consommation de lait et de calcium parce qu’il y a maintenant pas mal d’études montrant qu’une consommation élevée de calcium ou de laitages est associée à un risque accru de cancer de la prostate fatal. Et c’est important, parce que la recommandation nationale de consommer 3 laitages par jour conduit à doubler la consommation et la production de laitages. Comme nous n’avons aucune preuve que cela réduirait les fractures et qu’il y a ces études montrant un lien avec le risque de cancer fatal de la prostate, c’est un dossier important à résoudre.
Un autre domaine large à explorer, c’est l’effet de l’alimentation au début de la vie. Il y a beaucoup de preuves indirectes selon lesquelles l’alimentation joue un rôle important au cours de cette période.
 

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